Il y a quelques jours, je suis allé pêcher avec mes enfants. Nous n’avons pas croisé la route du moindre poisson, mais nous avons passé un bon moment dehors, tous les trois. Il faisait beau, le décor était magnifique.

C’est un endroit que je connais depuis l’enfance, et pourtant il me rend heureux. J’ai partagé une photo de cet instant à Jeremy, qui m’a répondu un truc du genre : « Je suis tellement jaloux de ton accès à la nature. »
Il a raison. Tout le monde n’a pas cette chance d’avoir un accès à la nature avec ce genre de décors. Je crois que je lui ai répondu quelque chose dans ce style : « J’essaye d’en garder cette pleine conscience, mais c’est tellement facile de banaliser son lieu de vie. »
Ce décor est devenu mon quotidien, et c’est bien là le piège. On se projette volontiers aux Lofoten ou en Islande pour prendre le froid, les coups de vent et le mauvais temps. Ça fait partie du charme du voyage, et on accepte de payer cher pour vivre ça. Chez nous, en Bretagne, on râle parfois sur le mauvais temps. L’hiver dure, il pleut, le quotidien peut sembler répétitif, voire barbant. Pourtant, c’est la même chose, en moins exotique. Et c’est aussi ce qui fait le charme de ce pays.

La première tempête de l’automne, Austen, vient de passer sur le Finistère. Un arbre est tombé dans le jardin, j’ai sorti la tronçonneuse. Ça aussi, ça fait partie du décor.
Ma Happy Place n’a rien d’une carte postale californienne. Ici, il y a du vent l’hiver, des tempêtes, et ce n’est jamais là où il fait le plus chaud. Sur la côte nord, l’eau est toujours un peu plus froide qu’ailleurs, plus froide que sur la côte atlantique. Les vagues sont loin d’être les meilleures, mais ça a un côté intimiste qui me plaît beaucoup. Il y a aussi un sens marin, une lecture de la côte et des éléments qui m’intéressent énormément. C’est un climat plus rude, mais avec une certaine chaleur que j’aime.



J’ai beaucoup voyagé et j’aime encore ça, mais quel bonheur d’avoir un lieu de vie où l’on se sent bien.
J’ai longtemps cru que ma « Happy Place » était ailleurs, un peu plus loin. Finalement, c’est dans un rayon de 30 minutes de la maison que je trouve mon bonheur et mon équilibre. J’aime cette idée de ne pas faire trop de route, de rester près de chez moi et de profiter de tout ce que cette nature m’offre.


Selon le vent, la houle et l’humeur, je trouve toujours quoi faire. Bodyboard, bellyboard, kite, ou simple balade avec le chien. En solo ou en famille. Cet équilibre, je ne l’ai pas cherché, il s’est construit tout seul.


PS : Pour prolonger → mon podcast Slow is Beautiful
et ma page essentiels pour les curieux.