Après avoir raconté mon premier voyage à Saint-Pierre-et-Miquelon, je laissais entendre à la fin de l’article que nous allions y retourner, mais que nous ne le savions pas encore au moment où nous nous envolions pour Paris.
On y est retournés. En mars 2025, en plein hiver.
Le voyage commence quand je me réveille dans un hôtel d’Halifax après une journée qui ne mérite pas d’être racontée. Retards en cascade, trop d’aéroports, trop d’avion, trop d’attente.
Mais ce matin, après un petit déjeuner typiquement nord-américain, c’est un vol court qui nous amène sur la petite île de Saint-Pierre. On récupère les affaires, on retrouve des amis, et je réalise que je suis sincèrement content d’être de retour ici, de voir ces paysages dans leur habit d’hiver.
Le lendemain, première sortie vers le Diamant. Il fait -20°C, le vent est violent, vraiment violent. La mer est à -5°C, l’eau gèle sur les rochers, la neige me fouette le visage. Le tournage commence dans des conditions assez dantesques. Il y a quelque chose de l’ordre du Groenland dans tout ça.
Nous allons rapidement changer de décor, car ce soir, on dort à Miquelon, dans une jolie maison dans le Cap qu’on découvrira dans une nuit noire après une traversée en ferry.








Il a neigé toute la nuit. Quand je me lève, il neige encore. La vue depuis la maison est incroyable, Miquelon s’est vêtu de blanc. Il fait moins froid que la veille, ce qui ne m’empêche pas de plonger dans une eau à environ -2°C pour filmer. On reste dans le blanc toute la matinée.






Passer du temps dehors nous fait apprécier les repas au chaud, comme ce midi à l’auberge de l’île, avant d’explorer les décors que nous avions laissés quelques mois plus tôt, mais cette fois dans une ambiance nettement plus glaciale. On en profite également pour voir notre pote Morgan Hansen avant de partir en rando à la Cormandière. Première fois que j’utilise des crampons. Et au détour du chemin, un lièvre arctique dans sa tenue blanche d’hiver, parfaitement fondu dans le décor.







Le lendemain, la pluie a remplacé la neige. Miquelon s’enveloppe dans une brume épaisse, les vols entre les deux îles sont annulés, nous avions prévu de rentrer avec le bateau.
Alors que le vent souffle fort et que la pluie glaciale tombe, nous avons le plaisir d’avoir l’invitation du président de la collectivité territoriale. Il nous parle des enjeux de ce territoire si particulier. C’est dense, c’est passionnant.
La journée se termine tôt, ce qui nous laisse le temps de s’offrir un repas au Roc Café. J’y mange une galette « Roscoff ». Pas tout à fait celle qu’on ferait en Bretagne, mais il y a quelque chose de touchant à en manger une ici.








Un matin, après une nuit à neiger, nous faisons un petit détour. Une vague dans la passe sud-est a attiré mon attention, je l’ai reconnue tout de suite, elle était en photo dans un vieux magazine de surf. Là, elle était dans des conditions dantesques. Ça donne envie de revenir rien que pour ça.
Mais cette fois, nous avons juste le temps de repartir, car Gilles nous emmène en rando dans la montagne jusqu’à son tipi. Il prépare des crêpes sur le poêle à bois. La neige en abondance, la chaleur du feu, les crêpes qui fument. Ce genre de moment.








Le 9 mars, on a changé d’heure pendant la nuit. Il n’y a plus que trois heures de différence avec la métropole. La neige de la veille est toujours là et quelques averses viennent entretenir le décor. On part en rando dans l’est de l’île. On s’enfonce dans la poudreuse jusqu’aux cuisses, mais le décor est magnifique avec des vues sur Langlade, Miquelon, le Grand Colombier et même Terre-Neuve.
L’après-midi est consacré aux dernières scènes, puis il faudra déjà songer à repartir.

Saint-Pierre-et-Miquelon en hiver, c’est un autre monde. Pas tout à fait la France, pas tout à fait l’Amérique du Nord. Un endroit suspendu entre les deux, avec toujours ce même pincement au cœur au moment de le quitter.
PS : Pour prolonger → mon podcast Slow is Beautiful
et ma page essentiels pour les curieux.